Littérature jeunesse

Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 14:15

mes-deux-allemagne.jpgQuatrième de couverture

En 1988, l'Allemagne est toujours divisée en deux pays distincts, séparés par une frontière réputée infranchissable.

Lilly habite à Hambourg, en Allemagne de l'Ouest, et a tout juste treize ans lorsqu'elle se retrouve orpheline. Son père est décédé quand elle était petite, et sa mère vient de mourir d'un cancer. Elle rencontre pour la première fois sa tante Lena, qui a obtenu l'autorisation exceptionnelle de quitter l'Allemagne de l'Est, où elle vit, pour se rendre à l'enterrement de sa soeur. Lilly s'attache à cette femme douce et chaleureuse et reste inconsolable après son départ. Elle n'a plus qu'elle au monde, et Lena a dû repartir de l'autre côté du Mur...

Confiée à une tutrice, qui compte la placer dans une famille d'accueil pour Noël, Lilly échafaude le projet insensé de rejoindre sa tante. Elle ignore alors que le mur de Berlin tombera le 9 novembre 1989.


Mon avis:

Mes deux Allemagne est le dernier roman de la sélection Acrolire que j'avais à vous présenter


Mes deux Allemagne est un  roman émouvant et passionnant.  L'histoire de Lilly est racontée par elle-même au travers d'un long retour en arrière au cours duquel on suit la vie de Lilly mais également celles de sa mère et de sa tante. Par ces différents destins se dessinent celui d'une Allemagne déchirée et écartelée par deux visions du monde radicalement différentes. L'Allemagne de Lilly et de sa mère, économiquement prospère, et celle de Lena plus pesante où règne la privation, la propagande, le marché noir, les arrestations politiques. Pourtant, c'est cette Allemagne que va choisir Lilly, car pour ce personnage très attachant rien ne compte plus que de se reconstruire une famille. Ce ne sera pas ,malgré tout, chose aisée: outre le mur qui a séparé les membres de la famille, de lourds secrets familiaux vont venir compliquer la tâche de la jeune fille.

Mes deux Allemagne est une histoire émouvante sur le travail de deuil, les secrets de famille et sur les conséquences que la longue séparation des deux Allemagne a laissées à ses habitants.

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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 12:48

le_monde_attend_derriere_la_porte.jpgQuatrième de couverture:

Elle a toujours connu cette atmosphère dévote, les prières quotidiennes à l'église, les confessions publiques. Sarah sait que les autres filles du collège portent des pantalons, regardent la télé, parlent aux garçons, toutes choses qui lui sont interdites. Les règles de la Communauté des Rigoristes, à laquelle appartient sa famille, sont très strictes, et la voie des adeptes toute tracée. Pour avoir tenté de franchir les barrières qui la séparent du monde, Sarah risque la relégation et, si elle continue à trahir, ses parents seront exclus de la Communauté. Mais elle ne se résigne à rien, ne veut plus renoncer.

 

Mon avis:

Ce roman pour adolescents nous entraîne dans le monde des sectes.  Sarah, la jeune narratrice de 14 ans, vit avec sa famille sous le joug de l'une de ces communautés religieuses. Si ses parents sont de fervents croyants, la jeune fille, elle, commence à douter du bien fondé des doctrines qu'on lui impose. En voyant la liberté dont jouissent ses camarades de classe, Sarah tente de se rebeller et fugue. Rattrapée par les membres de la communauté, elle est envoyée en Écosse dans une autre famille. Peu à peu, elle tente de se libérer de ce carcan, refusant d'entrer dans le moule Rigoriste. Mais cette émancipation ne se fait pas sans heurts et déchirements car si elle veut quitter la communauté, elle doit dire adieu à sa famille qui ne pourra plus avoir de contact avec elle.

J'ai ouvert ce roman avec un peu d'appréhension: le thème ne me tentait vraiment pas. Mais page après page, on se laisse entraîner par la rébellion et les doutes de Sarah. Le dilemme auquel est confronté l'adolescente rend l'intrigue émouvante. Même si, comme souvent ,le style des romans de jeunesse me laisse un goût de "trop peu", je pense néanmoins que ce roman plaira aux adolescents qui retrouveront dans les péripéties et le désir de liberté du personnage certaines de leurs propres préoccupations.

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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 17:16

enfantQuatrième de couverture:

Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts.
Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes. Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire...
En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie...
Françoise Jay traite son sujet avec beaucoup de finesse et propose ici un roman vibrant de tendresse et d'humanité. Une grande réussite ! À mettre entre beaucoup de mains, d'adolescents, mais aussi d'adultes.

 

Mon avis:

Ce roman d'anticipation, dont l'intrigue se déroule dans un futur pas si éloigné, présente une société en pleine débâcle. A cause d'un gouvernement incompétent, qui a laissé une crise économique sans précédent s'installer, le clivage entre les riches et les pauvres n'a cessé de se creuser. Désespérés, beaucoup de familles abandonnent leurs enfants, qui  livrés à eux-mêmes, se regroupent dans les égouts, d'où leur surnom: les enfants rats.  Dans un lieu où règne la loi du plus fort et la violence, ces enfants déshumanisés et analphabètes se cachent pour échapper aux autorités et tentent de survivre par tous les moyens. 

Au milieu de ce chaos, Isrielle prend à contre-pied cette fatalité et tente de se construire, avec deux enfants qu'elle a trouvés, un semblant de foyer dans lequel elle prône la nécessité de recevoir une éducation qui est pour elle le seul moyen de ne pas devenir une enfant-rat. Lorsque Nolan, un enfant-rat, se joint à eux, il fera tout pour échapper à sa condition et apprendre à lire et à écrire.

 Parallèlement, aux périples que doivent affronter Isrielle et sa petite famille, on suit également la révolte qui s'installe peu à peu dans cette société. Les grèves se multiplient, la révolte gronde afin de mettre fin aux injustices et de renverser le gouvernement qui reste sourd aux souffrances de son peuple.

Si l'idée de départ pouvait être séduisante, je dois avouer que je n'ai pas été transportée par cette histoire que j'ai trouvé assez simpliste et superficielle. J'aurais aimé une réflexion plus approfondie sur cette société en pleine débâcle. Un roman sans surprise mais qui devrait plaire aux adolescents.

 

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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 17:17

tueurQuatrième de couverture:

Grâce à quelques clics et une adresse mail bidon, Ruth Cassel a pu s'inscrire sur le site perdu-de-vue.com et y déposer une vieille photo de classe en noir et blanc trouvée dans les affaires de son père. La manipulation  n'a qu'un seul but : l'aider à différencier les deux blondes aux yeux noisette sur la photo, Marie-Ève et Ève-Marie, respectivement la mère de Ruth et sa soeur jumelle, décédées à vingt ans d'intervalle. Très vite, comme s'ils avaient attendu ce signal, des anciens de la terminale C3 se manifestent. L'ex-beau gosse de la classe, une prof de philo à la retraite, une copine des jumelles et, en prime, un grand-père dont Ruth ne soupçonnait pas l'existence, s'empressent de répondre. Tout pourrait s'arrêter là... Mais la photo de classe a réveillé de terribles souvenirs. Les e-mails évoquent un meurtre commis l'année de la terminale, celui d'Ève-Marie. Ils parlent d'un étrangleur récidiviste, le tueur à la cravate. Bien plus effrayant, ils mettent en cause l'une des personnes que Ruth aime le plus au monde, son propre père, Martin Cassel...

 

Mon avis:

Nouveau rendez-vous avec Marie-Aude Murail quelques jours après ma découverte de cette auteure avec Simple . Dans ce dernier roman, elle nous entraîne dans un thriller haletant qui mêle secrets de famille et nouvelles technologies. 

Ruth, une jeune fille de 14 ans, se retrouve par hasard au coeur d'une énigme à laquelle est mêlée sa propre famille. Le Tueur à la cravate est une intrigue rondement menée dont le point de départ est une ancienne photo de classe sur laquelle se trouve son père, sa mère et sa soeur jumelle.  Ne parvenant pas à différencier les deux soeurs décédées, la jeune fille se tourne, comme tout adolescent qui se respecte, vers Internet pour répondre à ses questions.  Peu à peu, une sombre histoire de meurtre refait surface et les soupçons de Ruth se portent sur son propre père. Martin Cassel, un trentenaire séduisant à l'humour pince sans rire, devient le principal suspect du meurtre d'Eve-Marie aux yeux de sa fille et de la police. 

Un coupable idéal, un autre qui a l'air trop coupable pour l'être vraiment, un coupable qui n'en a pas l'air, tous les ingrédients d'un roman policier efficace sont réunis, le tout sur fond de réflexion sur le rapport des adolescents et des adultes face à Internet.

Facebook, l'équivalent de Copains d'avant, blogs font partie intégrante de l'intrigue. Ils permettent à tous les acteurs du drame de se retrouver au bout de  vingt ans, mais ils brouillent également les pistes, manipulent le lecteur. De manière indirecte, l'auteure pose ainsi la question de la protection de la vie privée au travers de ces photos de classes mises en ligne et des blogs tenus par les adolescents, mais aussi des liens coupés avec la vraie vie.  Car tout au long du récit, l'auteure explore ces liens qui  unissent ou  séparent ces personnages à la fois émouvants et drôles. A l'heure de la communication virtuelle à outrance et des réseaux  sociaux,  tous les protagonistes peinent  à exprimer ce qu'ils ressentent et sont tous, à leur manière, isolés des autres. Prisonniers de leurs secrets, de leurs peurs, de leurs ressentiments, la famille de Ruth va peu à peu se retrouver, se reconstruire.

Une fois encore, l'auteure analyse   notre société par le bout de sa lorgnette avec justesse, pudeur et humour. Je pense que je suis définitivement fan.

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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 13:34

bleutoxicsmall.gif  Quatrième de couverture:

DEUX DÉSASTRES TECHNOLOGIQUES / DEUX TRAGÉDIES ÉCOLOGIQUES / SE BATTRE ET SURVIVRE.
1956, baie de Minamata au Japon : une étrange malédiction s'abat sur la population des pêcheurs. Les enfants du village tombent malades victimes d'un virus inconnu. Des chats, des dauphins, des poissons décèdent dans d'étranges circonstances...


1984, Bohpal en Inde : une cuve de l'usine Union Carbide explose et décime une partie de la population. Gaz naît dans la nuit du drame. Quatorze ans plus tard, il s'installe dans l'épave du bâtiment industriel...
Deux longues nouvelles qui alimentent  le débat et interroge le lecteur sur le sort que nous réservons à notre planète et ses habitants.


 

Mon avis:

Au travers de ces deux récits, mettant en scène deux adolescents, Christophe Léon fait revivre deux catastrophes écologiques inconnues des nouvelles générations. 

La première nouvelle intitulée "Poisson lune", se déroule dans un village de pêcheurs dans la baie de Minamata au Japon en 1956. Yukio, un jeune garçon de 14 ans, vit avec toute sa famille grâce aux produits  de la mer. Lorsque   plusieurs enfants tombent malades et que des animaux décèdent mystérieusement, les habitants craignent qu'un virus  se soit propagé. Continuant jour après jour à se nourrir du produit de leur pêche, ils sont loin de se douter que leur principal moyen de subsistance est en train de les tuer à petit feu. Plusieurs mois s'écoulent avant que les autorités découvrent que l'origine du mal provient d'une pollution au mercure provoquée par les rejets d'une usine chimique.

La seconde nouvelle , "Gaz", retrace la vie de ce jeune garçon de 14 ans né le soir de l'explosion d'une usine chimique qui causa la mort de ses parents. Afin d'économiser de l'argent et accroitre leurs profits, les responsables de l'usine ont intentionnellement négligé l'entretien des cuves contenant des gaz toxiques proches du gaz "moutarde" employé pendant la première guerre mondiale. Un soir, l'une des cuves explose, répandant sur la ville de Bohlal, 250000 habitants, le gaz mortel. Quatorze ans plus tard, Gaz, baptisé ainsi par les médecins qui l'ont recueilli, trouve refuge dans les ruines de l'usine. Il tente de survivre dans les rues avec l'aide de Rasheeda, une orpheline comme lui.

Dans ces deux nouvelles, l'auteur ne juge pas , ne condamne pas et c'est inutile. Les conséquences de ces deux catastrophes sur la vie de ces deux adolescents sont suffisamment parlantes. Sans tomber ni dans un discours écologique ni dans un récit larmoyant, l'auteur retrace avec pudeur et justesse le destin de ces deux adolescents qui tentent malgré tout et par dessus tout de survivre dans un environnement devenu mortifère.

Ces deux nouvelles mettent le lecteur devant une réalité souvent oubliée:  de la préservation de l'environnement dépendant la survie de l'homme.

 

 

Livre appartenant à la sélection du prix Acrolire 2011

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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 09:35

9782211074698.jpgQuatrième de couverture:

"Simple dit " oh, oh, vilain mot " quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit " j'aime personne, ici " quand il n'aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud'hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d'âge civil. Trois d'âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s'occuper de Simple.
Simple a un autre ami que son frère. C'est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie à la mort. Il va tuer Malicroix, l'institution pour débiles où le père de Simple a voulu l'enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.
Rien n'est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l'idée d'habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué."

 

Mon avis:

Je dois avouer qu'en lisant la quatrième de couverture je n'étais pas spécialement emballée par l'histoire. Et pourtant...une fois commencé, j'ai lu ce livre d'une traite!

A partir du difficile thème de l'handicap mental, Marie-Aude Murail  nous plonge dans  une histoire la fois émouvante, poignante et drôle.

Simple, c'est avant tout l'histoire d'un amour fraternel indéfectible. Kléber, jeune garçon de dix-sept, décide contre l'avis paternel de s'occuper seul de son frère déficient mental pour lui éviter l'institut. Bien que l'aîné, Barnabé, surnommé Simple, a l'âge mental d'un enfant de trois: il joue aux Playmobil, fait des bêtises avec la complicité de son lapin Pinpin, dit ce qui lui passe par la tête.  Dans le monde de Simple, on invente des langues, on se déguise en monsieur Muchbinguen, on discute et on fomente des bêtises avec Pinpin qui ne manque pas de réparties et d'idées saugrenues.   Comment ne pas s'attacher à cet homme-enfant si émouvant qui nous replonge dans le monde de l'enfance? Lorsque Simple et son frère emménagent dans un appartement avec trois autres colocataires , ces derniers tomberont, eux-aussi, sous son charme . Entre histoires de coeurs et d'amitiés et quiproquos désopilants, Simple bouleverse la vie de ceux qu'il croise.

Mais le roman n'est pas seulement une compilation de situations cocasses et de dialogues truculents, il pose également de douleureuses questions. Bien sûr tout le monde aime Simple mais comment s'occuper d'une personne si différente, comment faire face aux  responsabilités  qu'elle implique?  Entre l'amour qu'il porte à son frère et le poids des contraintes , les doutes et les interrogations de Kléber sont tout à fait légitimes. A dix-sept ans, le jeune homme tente de conciler sa vie d'adolescent et responsabilités d'adulte.

Lorsque son père décide d'enfermer Simple dans un institut, le récit prend une tout autre dimension, plus émouvante, plus poignante. Le monde merveilleux de Simple s'écroule: plus de jeux, de déguisement, plus de bêtises mais des barreaux aux fenêtres,  des images sombres de serpents, un Pinpin les yeux arrachés pour ne pas voir tout cela. 

Ce roman, qui mêle si habilement humour et émotion, est donc une magnifique découverte que je ne manquerai pas de renouveler au plus vite!

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