Dimanche 25 juillet 2010
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Quatrième de couverture
C'est à Londres, en 1943, que Joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit L'armée des
ombres qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d'oeuvre mais le roman-symbole de la Résistance que l'auteur présente ainsi : "La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle
n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie [...]
Jamais la France n'a fait guerre plus haute et plus belle que celles des caves où s'impriment ses journaux libres, des terrains
nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d'où partent ses enfants libres, des cellules de torture où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés,
des Français meurent en hommes libres.
Tout ce qu'on va lire ici a été vécu par des gens de France."
Mon avis:
Difficile de résumer ce roman qui n'en est pas tout à fait un puisque l'intrigue est secondaire. L'Armée des ombres est
un magnifique hommage à la résistance française au cours de la seconde guerre mondiale. Joseph Kessel au travers du regard d'un résistant, Gerbier, peint les multiples visages de cette
armée clandestine, ceux de ces gens ordinaires qui ,un jour, au hasard d'une rencontre, à suite d'une parole deviendront chacun à leur manière les héros de cette guerre. Le roman retrace le
parcours de Gerbier de son passage dans un camp de prisonnier jusqu'à sa terrible décision de sacrifier l'une d'entre eux pour sauver le groupe. Nous suivons le personnage à Londres, dans
les maquis, dans les prisons...Au cours de ses déplacements, Gerbier rencontre ces soldats de l'ombre, écoute les témoignages et raconte leurs histoires.
Les exemples de leur engagement, de leur bravoure se succèdent au fil des pages sous la magnifique plume de Kessel. La
résistance française, c'est cette femme qui donnera toutes ses réserves de nourriture aux anglais qu'elle cache, ce sont ces hommes ordinaires contraints au meurtre, cette mère de famille
irréprochable qui devient un des membres les plus actifs de l'organisation, ce sont ces hommes et femmes torturés et condamnés à mort...
Si j'ai pu être, au début, déconcertée par l'aspect un peu décousu du roman, qui peint par petites touches le portrait de
la résistance, j'ai été enchantée par le style de Kessel sobre et parfois plein de poésie.
Extrait:
"Comment cela s'est fait? Je n'en sais rien, disait Gerbier. Je pense que personne ne le saura jamais. Mais un paysan a
coupé le fil téléphonique de campagne. Une vieille femme a mis sa canne dans les jambes d'un soldat allemand. Des tracts ont circulé. Un abatteur de La Villette a jeté dans la chambre
froide un capitaine qui réquisitionnait la viande avec trop d'arrogance. Un bourgeois donne une fausse adresse aux vainqueur [...] Pour celui qui a senti cet éveil, ce premier frémissement,
c'était la chose la plus émouvante du monde. C'était la sève de la liberté, qui commençait à sourdre à travers la terre française".
Allez faire un tour chez Véro pour voir ce qu'elle en pense....
Ce livre mérite d'être lu, ne serait ce que pour se souvenir que la France battue n'a jamais totalement baissée les bras
Je me demandais justement si je n'allais leur faire étudier quelques extraits
Merci pour la découverte
C'est effectivement le mot!
C'est mon premier , j'aime beaucoup son style
C'est justement ce qui m'a plu dans ce livre , ce n'est pas larmoyant . On ressent beaucoup de fierté chez le narrateur
Oui moi aussi je l'ai vu chez Véro, j'ai rajouté le lien
Je n'ai pas vu le film encore, j'ai préféré lire le livre avant